La faillite financière et sociale du modèle ultra-libéral du régime Ouattara - Upafrika

La faillite financière et sociale du modèle ultra-libéral du régime Ouattara

Côte d'Ivoire - ADO ''SOLUTION?''

La faillite financière et sociale du modèle ultra-libéral du régime Ouattara

Source : AFRIKANEWSGROUP -- Date : 30-05-2017 01:19:17 -- N°: 124 -- Lu : 6 fois -- envoyer à un ami

Dr AHIZI Aka DanielAFRIKANE

image -- La faillite financière et sociale du modèle ultra-libéral du régime Ouattara

Le 1er Mai 2017, à l’occasion de la fête du travail, le Président de la République a appelé les travailleurs à une « trêve sociale » là où ces travailleurs attendaient des solutions concrètes immédiates aux différents problèmes qui avaient conduit paysans, fonctionnaires et militaires à paralyser le pays pendant plusieurs jours.

« ADO SOLUTION » semble-t-il n’aurait plus de solutions. « WARIFATCHÊ » n’aurait plus d’argent disent-ils. Et ces travailleurs de s’interroger à haute voix : « Où sont donc passés ces milliards engrangés par la Côte d’Ivoire durant ces cinq années de croissance économique annoncée à grand bruit à l’aide de puissants VUVUZELAS par ce régime. L’argent semble-t-il travaille tellement en Côte d’Ivoire qu’il a fini par disparaître du pays.

Les paysans à leur tour de s’interroger et de saisir par leurs avocats le tribunal du commerce : « que sont devenus ces centaines de milliards mis en réserve pendant ces cinq années d’embellie des prix internationaux du cacao, réserve constituée dans le but précis de soutenir ces paysans en cas de chute des prix de cette matière première sur le marché international. Le prix bord-champs fixé au départ à 1100 frs aux producteurs pour la campagne 2016-2017 est brutalement ramené pour la même campagne à 700 frs par le Gouvernement. Soit une amputation de 36,36% du revenu annoncé des paysans. Toute chose qui a pour conséquence d’aggraver la situation de précarité et de pauvreté de ces producteurs et des travailleurs en général déjà confrontés aux problèmes insolubles de la cherté de la vie, aux problèmes des coûts insupportables de santé et des factures en augmentation sans fin d’électricité.

Combien sont-ils, membres du gouvernement ou d’institutions de notre République qui se dévoueraient encore à la tâche s’ils venaient à perdre d’un coup près de 40% de leur rémunération ?  Responsabilité et solidarité obligent, le gouvernement devrait d’abord s’appliquer ce remède de cheval, d’en mesurer les effets secondaires surtout psychologiques avant de le prescrire au peuple ivoirien. Ces ivoiriens qui ne cesseront jamais de s’interroger sur la  pertinence de créer dans ces moments de grandes difficultés financières, de nouvelles institutions aussi budgétivores qu’inutiles que sont le SENAT, la VICE-PRESIDENCE, lA CHAMBRE DES CHEFS ET ROIS et de conserver encore, un gouvernement aussi pléthorique.  

   

A la vérité, la trêve sociale demandée, la baisse brutale du prix aux producteurs du cacao, les augmentations intempestives des factures d’électricité, etc… restent des mesures palliatives aux difficultés structurelles que nous connaissons et qui risque de s’aggraver si nous ne changeons pas de paradigme. Le ver est dans le fruit, le mal est dans le modèle ultralibéral adopté par le régime RDR. Nous l’avons déjà relevé et nous ne cessons de le répéter :  « La croissance ivoirienne actuelle est appauvrissante ». Elle est en effet « appauvrissante » pour le peuple. En terme d’indice de développement humain qui estime le bien-être d’une population, la Côte d’Ivoire est classée parmi les derniers et occupe le 171 ème  rang sur 187 pays recensés. Nous sommes classés derrière le Sénégal, le Benin et le Togo qui affichent pourtant un taux de croissance économique nettement inférieur au nôtre. La croissance ivoirienne est également « appauvrissante » pour l’Etat  qui n’a plus d’autres recours que le surendettement inquiétant pour combler le déficit de son budget d’investissement et le déficit de son budget de fonctionnement. Elle contredit par ailleurs, le développement durable de la Côte d’Ivoire par une surexploitation accélérée de ses mines et de ses ressources naturelles non renouvelables. On finira ainsi à ce rythme par ne rien laisser aux générations futures de notre pays.

 Des observateurs avisés des réalités socio-économiques actuelles de la Côte d’Ivoire l’affirment sans détours, « le modèle ultra-libéral ivoirien a conduit à une accentuation de la corruption et à une gouvernance clientéliste avec l’émergence d’une véritable oligarchie constituée d’une poignée de cadres RDR et de familles proches du régime qui accaparent tout et empêchent la redistribution des richesses créées. » Dans un tel contexte, on comprend aisément que la mise en place de la « Haute Autorité à la Bonne Gouvernance » relève également des mesures palliatives dont la majorité des ivoiriens s’autorisent à douter de son efficacité d’actions.

Selon les économistes, La croissance économique actuelle de la Côte d’Ivoire repose sur deux principaux piliers :

 Le premier est, un vaste programme d’investissements publics ostentatoires financés par un surendettement massif inquiétant et dangereux.

Le deuxième c’est, le bradage de l’économie ivoirienne à des investisseurs privés étrangers dont le seul souci est de faire le maximum de CFA à court terme et de les transférer en totalité dans leur pays d’origine ou dans les paradis fiscaux.

Le constat d’un surendettement massif inquiétant et dangereux

A propos du premier levier, rappelons que l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) engagée par le régime précédent du Président GBAGBO a atteint son point d’achèvement en Juin 2012 sous le régime du Président OUATTARA. Depuis cette date, une part très importante de la lourde dette publique accumulée sur les décennies antérieures, est annulée. Cette annulation de la dette procure au régime actuel, de nouvelles marges pour le financement d’investissements publics et l’occasion d’un ré-endettement à tout va et sans précaution. On emprunte à tour de bras. Emprunt multilatéral, bilatéral, emprunt obligataire, conventions de financement, prêt public, prêt privé « euro-bond », prêt islamique dit sukuk, bons du trésor, etc… La Côte d’Ivoire est prise dans l’engrenage du « roll over » : l’emprunt de bout en bout. On a perdu le sens du « BUDGET SECURISE ». Les budgets aujourd’hui augmentent, la dette aussi. Actuellement la Côte d’Ivoire emprunte sur le marché international et sur le marché local, pas moins de 2500 à 3000 milliards par exercice budgétaire pour financer ses déficits et pour rembourser sa dette devenue abyssale. Et comme d’habitude, on n’a pas hésité à ressortir les Vuvuzelas pour saluer à grand bruit notre entrée sur le marché international des euro-obligations ou « euro-bonds », oubliant au passage qu’une dette ça se rembourse et qu’aucun pays  au monde n’a bénéficié deux fois de suite de l’initiative PPTE. Nous avons ainsi successivement recueilli sur ce marché international en 2014, 750 millions de Dollars soit 375 milliards de francs CFA à un taux d’intérêt de 5,625% remboursable sur 10 ans ; en 2015, 1 milliard de Dollars soit 500 milliards de francs CFA à un taux de 6,625% passé rapidement à 8% avec une maturité de 12 ans. Les caisses de l’Etat étant vides, paradoxe d’une économie en croissance exceptionnelle depuis 5 ans, un troisième « euro-bond » d’un montant de 600 milliards de francs CFA est envisagé pour le mois de juin 2017 avec tous les risques auxquels ces multiples recours nous exposent :

1-    Notons déjà que ces obligations sur ce marché international sont fixées en Dollars. Au cours de ces dernières années, notre monnaie nationale s’est dépréciée de près de 14% par rapport à cette devise, aggravant de ce fait monétaire, le poids de notre dette extérieure.

2-    D’autre part, la chute de 35% du prix de notre principale matière première sur le marché international, amoindrit très fortement notre capacité de remboursement des dettes et expose dangereusement notre pays aux actions prédatrices des « fonds vautours ». Ces financiers sans scrupule qui rachètent à bas prix la dette des Etats en difficulté et au premier prétexte légal, intentent une action en justice contre ces Etats pour récupérer le nominal de la dette et parfois même des intérêts en complément. Des Etats ont dû payer à ces « fonds vautours » 17 fois le montant de la dette de départ. Donc attention !

3-    N’oublions surtout pas que l’endettement est une charge fiscale pour les générations futures et que ceux qui décident aujourd’hui d’endetter la Côte d’Ivoire ne seront plus là au moment de payer cette dette. Soyons avertis.

Sur le marché sous régional des capitaux où les titres sont émis en monnaie locale, la présence permanente et massive de la Côte d’Ivoire pratiquement chaque 2 mois sur ce marché, a amené les investisseurs les plus importants, déjà fortement exposés sur les titres ivoiriens devenus trop risqués, à se tourner vers les obligations des autres pays. Cela s’appelle en d’autres termes,  une perte de confiance qui explique pourquoi les émissions d’obligations ivoiriennes sur ce marché trouvent de moins en moins  preneurs. La marge de manœuvre de l’Etat obligé de payer de lourdes primes de risque, se réduit sur ce marché et suscite moult interrogations sur les possibilités de financement à venir des dépenses publiques d’investissement dans le contexte actuel de perte de recette consécutive à la chute des prix du cacao. Attention, la faillite financière n’est pas loin.

Disons-le tout net, l’endettement peut être un facteur économique important et souvent indispensable au développement économique et social d’un pays, si les ressources recueillies sont affectées de façon rationnelle et optimale à des secteurs et à des investissements susceptibles de générer des richesses nécessaires au remboursement de cette dette. A l’inverse, le surendettement qui relève de la mauvaise gouvernance conduit généralement à une incapacité de remboursement, à des interminables négociations de rééchelonnement, à la perte de souveraineté de l’Etat et en définitive à l’appauvrissement général du pays.

L’Etat de Côte d’Ivoire s’appauvrit, les « affairistes » s’enrichissent

Conformément à son idéologie ultralibérale, le régime RDR s’est engagé à faire du secteur privé dérégulé (sans contrôle), le moteur de la croissance économique de la Côte d’Ivoire. Dans cette perspective, et dès son accession au pouvoir, le gouvernement a entrepris d’offrir sous forme d’incitation, d’énormes cadeaux fiscaux et douaniers aux investisseurs privés étrangers et nationaux. 

                                                                                                                        Un nouveau code des investissements plus avantageux, est mis en place en 2012 en remplacement du code des investissements de 1995. Ces avantages consistent en de multiples exonérations : Exonération de l’impôt sur le bénéfice industriel et commercial (BIC), de l’impôt sur le bénéfice non commercial (BNC), de l’impôt sur le bénéfice agricole (BA), de l’impôt sur le patrimoine foncier, de l’impôt sur le revenu foncier pour les logements mis à la disposition du personnel. Exonération de la contribution des patentes et licences, exonération totale de la TVA pendant la phase d’investissement, réduction selon les zones de 90% du montant de la contribution à la charge des employeurs.  La durée de ces exonérations varie selon les zones géographiques de l’investissement : 5 ans en zone A, 8 ans en zone B et 15 ans en zone C.

En plus de ces exorbitants cadeaux fiscaux qui constituent un réel manque à gagner pour l’Etat, le nouveau code des investissements de 2012 renforce les garanties accordées aux investisseurs et réaffirme le principe de libre transférabilité hors Côte d’Ivoire des richesses générées par l’investissement. Cet ensemble[[P41]]urlblank: https://m… ?.rand=8j8v40m70cquo#_msocom_1 [[P42]]urlblank: https://m… ?.rand=8j8v40m70cquo#_msocom_2  de mesures d’incitation comporte plusieurs effets pervers d’appauvrissement du pays :

1-    Le premier effet pervers réside dans ce fait qu’au cours de ces dernières années, la quasi-totalité des marchés les plus importants sont attribués aux privés étrangers voire aux multinationales qui sont exonérés totalement d’impôts et de diverses taxes douanières. Il en est ainsi des réalités dans l’environnement ultralibéral du régime RDR où les plus riches sont exonérés d’impôts. On appauvrit l’Etat de Côte d’Ivoire soumis au cercle vicieux du surendettement pour enrichir les « affairistes ». On a par exemple déjà, décidé de réduire de 10% le budget d’investissements publics et de fonctionnement de cette année 2017.

2-     Par ailleurs, en libérant totalement les transferts financiers, le code des investissements ivoirien favorise l’évasion illimitée des richesses créées en Côte d’Ivoire, hors du pays. « L’argent travaille » en Côte d’Ivoire et circule ailleurs. Et pendant que ces profits colossaux s’évadent de notre environnement national, le gouvernement Ouattara parcourt le monde pour continuer de sur-endetter le pays. Les vuvuzelas sont de nouveau ressortis pour acclamer la banque mondiale qui s’engage à nous apporter 75 milliards d’aide budgétaire ; pour saluer le FMI qui va augmenter d’un ¼ son allocation triennale ; pour applaudir l’Agence française qui va nous octroyer un prêt souverain. Le Président HOUPHOUET, le père de notre Nation indépendante nous avait pourtant prévenu, « la main qui donne est toujours au-dessus ». Il ne faut donc pas s’étonner que ce soit ces généreux donateurs qui viennent toujours choisir pour nous, les dirigeants de nos pays.  

3-    Rappelons le, on aura beau multiplier les cadeaux fiscaux et douaniers aux affairistes, les résultats en terme d’investissements de longues durées : industriels et agro-industriels nouveaux enregistrés, seront toujours en deçà des résultats escomptés si les problèmes de la sécurité et de la réconciliation nationale ne sont pas réglés. Les investissements réalisés dans ces conditions dans cette Côte d’Ivoire non réconciliée et non sécurisée, seront en plus grande partie, composés d’investissements spéculatifs de très court terme et très peu créateurs d’emplois. Ils ne seront jamais un levier efficace pour une croissance économique durable et pour l’émergence tant rêvée.

Au total, la faillite financière et sociale est réelle et structurelle. Elle résulte comme nous venons de le voir, des effets pervers du modèle ultralibéral mis en œuvre par le régime actuel. Et contrairement au discours officiel, les évènements récents à savoir, la chute du prix du cacao, les versements des primes aux soldats mutins, n’en constituent nullement les causes profondes. Tout au plus, devons-nous les enregistrer comme de puissants marqueurs qui ont permis de révéler au grand jour les limites de ce modèle souvent présenté avec une arrogance sans bornes. 

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Contribution à l’analyse de la situation nationale

La Direction du Parti Ivoirien des Travailleurs
Le Président du PIT
Dr AHIZI Aka Daniel

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