Un accord de sortie de crise en Guyane a été signé entre l’Etat et les acteurs locaux - Upafrika

Un accord de sortie de crise en Guyane a été signé entre l’Etat et les acteurs locaux

Crise en Guyane

Un accord de sortie de crise en Guyane a été signé entre l’Etat et les acteurs locaux

Source : LEMONDE -- Date : 22-04-2017 14:45:49 -- N°: 40 -- Lu : 2 fois -- envoyer à un ami

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Le mouvement social qui paralysait la Guyane depuis plus d’un mois s’est achevé, vendredi 21 avril, avec la signature d’un accord de fin de conflit entre le gouvernement, les élus locaux et le collectif Pou Lagwiyann dékolé (« Pour que la Guyane décolle ») qui pilotait la mobilisation.

Le texte englobe un plan d’urgence immédiat de 1,1 milliard d’euros et acte la demande de mesures supplémentaires à hauteur de 2,1 milliards d’euros.

Les barrages routiers installés sur le territoire ultramarin http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/04/18/en-guyane-les-barrages-routiers-refermes-jusqu-a-la-signature-d-un-accord_5112681_3224.html ont été levés, à l’exception de celui bloquant la fusée Ariane à Kourou, toujours effectif dans la soirée. Le giratoire à l’entrée du centre spatial restait bloqué par des militants réclamant « un courrier de la ministre de la santé » pour entériner par écrit « le passage en secteur public du centre médico-chirurgical » de la ville.

 Le texte englobe un plan d’urgence immédiat de 1,1 milliard d’euros présenté au début du mois. Celui-ci prévoit notamment des mesures en faveur de la sécurité, de l’éducation, de la santé, ainsi que de l’aide aux entreprises. L’accord « acte » également la demande de mesures supplémentaires du collectif et des élus à hauteur de 2,1 milliards d’euros.

 Pou Lagwiyann dékolé, qui représente diverses composantes de la société guyanaise (socioprofessionnels, associations, peuples autochtones, syndicats, etc.) réclamait notamment la mise en place de dispositifs pour désenclaver les communes – dont certaines n’ont toujours ni eau ni électricité –, mais aussi, entre autres, mieux reconnaître les peuples autochtones.

« Sept milliards »

A Cayenne, le porte-parole du collectif, Davy Rimane, s’est félicité de l’accord : « On a réussi à ce que le protocole paraisse au Journal officiel . Maintenant on pourra travailler avec ce document et aller en justice si on n’est pas satisfaits. »

 Dans un communiqué, la ministre des outre-mer, Ericka Bareigts, http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/04/03/qui-est-ericka-bareigts-ministre-des-outre-mer-chargee-des-negociations-en-guyane_5105275_3224.html a salué le texte, évoquant « une journée déterminante pour l’avenir de la Guyane » . Pour le préfet du territoire, Martin Jaeger, il s’agit d’un « acte fondamental. Il trace des ambitions. A nous de le faire vivre avec sérieux, conscience » .

 Certains membres de Pou Lagwiyann dékolé se sont toutefois faits menaçants : « Une fois que le prochain gouvernement sera en place, dès le premier jour, on va entrer en action. L’Etat nous doit sept milliards et pas deux » , a asséné Olivier Goudet, membre du mouvement des « 500 frères contre la délinquance », dont la particularité est de défiler cagoulés.

 Par rapport aux premiers accords arrêtés à Cayenne par le gouvernement le 1 er  avril, ce texte présente peu d’évolution, si ce n’est le feu vert pour construire une « cité judiciaire » dans la ville et l’acceptation que la question de la « rétrocession totale » des terres soit discutée « lors des prochains états généraux de la Guyane » .

 Il prend également acte du fait que l’Etat « fera l’objet d’une saisine, par le congrès des élus » locaux, sur une « évolution statutaire » du territoire. Sur le foncier, Paris s’engage aussi « à céder gratuitement 250 000 hectares à la collectivité territoriale guyanaise et aux communes de Guyane » , et 400 000 hectares aux Amérindiens et Bushinengués.

Aucune poursuite

Pou Lagwiyann dékolé a par ailleurs obtenu la garantie qu’il n’y aurait aucune poursuite envers « les signataires de l’accord » . Après une marche qui avait rassemblé des milliers de Guyanais, le 28 mars, la tension s’était accentuée depuis plusieurs jours dans la population, http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/04/11/toujours-unie-sur-les-revendications-la-guyane-est-divisee-sur-la-suite-a-donner-au-mouvement-social_5109467_3224.html partagée sur l’opportunité de poursuivre les barrages qui ont pénalisé l’économie, cloué la fusée Ariane au sol et entraîné des pénuries de produits.

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par Gaouidi Bonaventure


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