L’arrivée des Baoulé, composés des Alanguira ou Denkyera et des Assabou, en Côte d’Ivoire actuelle - Upafrika

L’arrivée des Baoulé, composés des Alanguira ou Denkyera et des Assabou, en Côte d’Ivoire actuelle

La migratio des Baoulés en Côte d'Ivoire

L’arrivée des Baoulé, composés des Alanguira ou Denkyera et des Assabou, en Côte d’Ivoire actuelle

Source : upafrika Edition -- Date : 22-06-2017 16:22:32 -- N°: 158 -- Lu : 8 fois -- envoyer à un ami

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L’arrivée des Baoulé, composés des Alanguira ou Denkyera et des Assabou, en Côte d’Ivoire actuelle, s’inscrit dans le contexte de la victoire des Ashanti sur les Denkyera en 1701 (Wondji p. 114-124 ; Allou 2001-2002, p. 664-713 ; Loucou 1984, p. 167).

Les Baoulé-Alanguira, première vague de migration longent, vers l’ouest, la Comoé et prennent pied sur le territoire ivoirien actuel. Ils progressent jusqu’au Bandama, d’où ils chassent les Gouro et les Sénoufo. Les Baoulé-Alanguira y sont attirés par les terres arables et les gîtes aurifères. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les Assabou, deuxième composante du peuple baoulé, formés des Walèbo, Faafoué, Nzikpli, Saafoué, Agba, Aïtou, Nanafoué et Ngban, font leur apparition sous la conduite de la Reine Abla Pokou.

Leur départ de Koumassi est consécutif à la guerre civile née de la mort d’Oséi Toutou (Wondji, p. 115), fondateur de la Confédération Ashanti, en 1720. Une fois en Côte d’Ivoire, les Ano qui formaient l’avant-garde s’établissent vers le nord dans la région de M’Bahiakro. Des groupuscules s’installeront dans l’actuel Togo où ils prennent une part active dans la création du royaume chokossi de Sansané Mango (Loucou 1984, p. 168). D’autres fractions parvenues au sud contribuèrent à la naissance des Attié et des Abbey.

Le dernier ensemble guidé par la Reine Pokou, implanta une marche méridionale à Tiassalé au confluent du Bandama avec le N’Zi. Ceci dans le but de participer au commerce maritime de la côte des Quaqua en relation avec les Mandé du Nord (Wondji, p. 122-124). Cette dernière vague longea le cours du Kan et s’installa à Niamonou à quelques kilomètres de Bouaké. Les Assabou aboutissaient ainsi à la création d’un grand royaume, impliquant également les Alanguira, dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Cette nouvelle entité était comprise entre Bouaké et Tiassalé avec au nord les Kodè, à l’est les Faafoué et les Nzikpli, au sud les Elomouen et les régions aurifères qu’ils exploitèrent. Sakassou, à l’initiative de la Reine Akoua Boni, qui succéda à Abla Pokou, en sera la capitale.

Le royaume baoulé est fortement décentralisé et composé d’une confédération de tribus. Celles-ci ne s’en référaient à Sakassou que pour le paiement des tributs, des jugements en appel, et pour les questions religieuses (Loucou 1984, p. 168). Les membres du clan royal Walèbo exercent les pouvoirs régionaux les plus importants en mémoire du rôle prépondérant joué par la Reine Abla Pokou lors de l’exode. Celle-ci, pour mémoire, a instauré dans le cadre de la royauté une organisation en lignage matrilinéaire. Ce système confère à la femme une place de choix dans la structure sociopolitique traditionnelle qui épouse une forme pyramidale.

On trouve du sommet à la base : le Roi, le chef de clan, le chef de village et le chef de famille. La société comporte deux structures qui se superposent : la structure verticale qui met en exergue le rang social et la structure horizontale qui indique les couches sociales. Aussi est-il important de souligner, contrairement aux autres royaumes akan, qu’au sein des Baoulé (Viti, 1995, p. 289-310), un groupe n’a pas su émerger pour s’imposer aux autres. Vont ainsi prospérer une dizaine de formations politiques locales, nvle, couvrant l’intégralité du territoire, où le pouvoir devient opératoire. À leur tête se trouvait le famièn, souverain dans son domaine et ne dépendant d’aucune instance extérieure.

Il était contrôlé tout de même par la mi-bla, une sœur classificatoire, qui légitimait le pouvoir. La capitale du nvle, le famièn klo comptait des dignitaires, issus en majorité de la famille régnante. Ils participaient à l’exercice du pouvoir et à rendre la justice. Les nvle étaient constitués d’unités territoriales dites akpaswa. Les souverains s’appuyaient sur le système des alliances à plaisanterie, le tukpè et des coalitions commerciales pour souder les liens du pays baoulé dans son entièreté (Viti, 1995, p. 289-310).

La colonisation française du XIXe siècle, la ruée vers l’or du Sud et les scissions (Loucou 1984, p. 169) ont eu raison de cette organisation singulière en entraînant l’assujettissement des Baoulé. Cependant, au niveau central, le royaume de Sakassou est toujours dirigé par un Roi, ou une Reine, qui est aidé dans sa tâche par des notables qui sont quelquefois des chefs de cantons de Yamoussoukro, Tiébissou, Daoukro, Botro, Diabo, Dimbokro, Bouaké. Le royaume baoulé a rencontré depuis 2006 des problèmes de succession qui ont fini par créer un vide qui perdure. En effet, Nanan Abla Pokou II (Djè Akissi Christine, épouse Diomandé), Reine du Walèbo, à la tête du trône de Sakassou depuis 2006 suite à la disparition à Abidjan du Roi Anougblé III, a été destituée le 11 mai 2012. Elle n’était pas reconnue par une partie de son peuple, notamment les jeunes qui l’accusaient de s’être auto-intronisée Reine, de n’avoir respecté ni le processus ni l’ordre de succession, conformément aux codes et règles édictés par la coutume akan (AIP, 2012). Les discussions sont en cours afin de trouver une réponse à cette vacance.

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Source
Siméon Kouakou Kouassi, Philippe Delanne, Viviane FortaillierE-mail : delanne@fatom.org - vivianefortaillier@yahoo.frSite web: www.fatom.org


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