Hommages de Maître Dossou Robert et du professeur Roger Gbégnonvi au cinéaste béninois et homme de lettres, Richard de MEDEIROS, professeur agrégé de l’université. - Upafrika

Hommages de Maître Dossou Robert et du professeur Roger Gbégnonvi au cinéaste béninois et homme de lettres, Richard de MEDEIROS, professeur agrégé de l’université.

Un héros de cinéma s’en est allé

Hommages de Maître Dossou Robert et du professeur Roger Gbégnonvi au cinéaste béninois et homme de lettres, Richard de MEDEIROS, professeur agrégé de l’université.

Source : upafrika Edition -- (Doudou Ledur) Date : 04-09-2017 21:39:51 -- N°: 230 -- Lu : 78 fois -- envoyer à un ami

Richard de Medeirosdds

image -- Hommages de Maître Dossou Robert  et du professeur Roger Gbégnonvi au cinéaste béninois et homme de lettres, Richard de MEDEIROS, professeur agrégé de l’université.

Homme de culture et de lettres, universitaire, Richard de MEDEIROS a marqué de son empreinte le cinéma béninois et africain. Ceux qui furent ses étudiants à l’Université Nationale du Bénin se souviennent encore de lui comme si c’était hier ; étant un professeur ami, un homme bienveillant, passionné de la littérature et de l’art. Il s’est éteint le 5 Août 2017 à Nanterre en France à la fin d’une vie qu’il a consacrée à éveiller ses étudiants au désir du beau et du bien disait le Professeur Roger Gbégnonvi, dans le récit de l’hommage qu’il lui a fait rendre en France par un autre universitaire, Maître Robert DOSSOU, lors des obsèques de cet érudit, grand amoureux du Cinéma.

Il était certainement l’un des premiers cinéastes béninois au lendemain  des indépendances des pays africains. Né à Ouidah le 11 Septembre 1937, Richard de MEDEIROS a fait d’abord, ses études secondaires  entre 1950 et 1957 au lycée Victor Ballot à Porto Novo,  puis de 1957 à 1961 au  lycée Louis-le-Grand à Paris. En 1961,  il entre à l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud et en sort en 1965 avec un diplôme d’agrégation de Lettres Classiques. Professeur agrégé de Lettres classiques, il a enseigné à l’Université d’Alger, puis à l’université de Nantes avant de revenir au Bénin. De 1972 à 1979, il a enseigné à l’Université Nationale du Bénin (actuelle Université d’Abomey-Calavi). Le monde universitaire béninois et les étudiants épris de la littérature découvraient alors un professeur frais, d’une grande valeur  qui était devenu pour la plupart d’entre eux une référence, un mentor bref, un Maître. Certains sont même devenus ses disciples à en croire eux même. En 1979, démarre pour lui une autre  carrière ; celle de conseiller culturel à l’UNESCO détaché auprès de l’OUA.  Il retourna en France en 1983 il  poursuivit sa carrière jusqu’en 2014, année de sa retraite.  

De 1972 à 1979 où il enseignait à  l’Université Nationale du Bénin, le Bénin découvrait un homme de grand talent qui aimait l’art tout simplement.

 Sa passion pour le cinéma l’avait conduit  à réaliser des films ; trois court-métrages :   le roi est mort en exil  en 1969  ;   Silence et feu de brousse en 1972  ;  Têkè, Hymne au Borgou en 1975 et un long métrage le Nouveau venu en 1976 .

Etabli en France, le professeur  Richard de MEDEIROS n’a jamais oublié le Bénin. Il revenait souvent voir ses proches et rencontrait avec plaisir ses certains de ses anciens étudiants dont certains sont devenus eux-mêmes professeurs comme lui. C’était sa fierté et il ne le cachait. En Janvier dernier il était au bénin  où il avait passé quelques jours comme pour dire au revoir à son pays natal.

Le professeur  Richard de MEDEIROS a rendu l’âme le 5 Août 2017  en France où il vivait et avait de nombreuses responsabilités. Le temps à fait son chemin….. Au-delà du monde universitaire, l’homme, dans la vie de tous les jours,  était simple. Il était un rassembleur disaient de lui ses proches lors de ses obsèques à Epinay-sur Seine en France

Nous étions sur le parvis de l’église  Saint Médard d’Epinay lorsque mon regard croise celui de Maître Dossou Robert.  J’ai aussitôt pensé au professeur Roger Gbégnonvi qui, sans doute,  aurait voulu, je le sais compte tenu des relations que le lient à l’illustre disparu,  être là, présent  ce vendredi 18 Août 2017, pour dire au revoir à son mentor. J’ignorais en ce moment-là qu’une surprise m’attendait.  Ma surprise, fît d’abord un document qu’une dame m’a tendu au moment de rentrer dans l’église. Au cours des cérémonies, que d’éloges en termes d’hommages rendus par  les pairs de tous les bords.  Ce document, qui vient manifester à tous, la présence de Roger Gbégnonvi, est un hommage de sa plume que Maître DOSSOU Robert, lorsque ce dernier fut à son tour, appelé à rendre hommage au défunt, a lu à toute l’assistance.  Il était 16H30, Maître Dossou Robert, de sa voix qui le caractérise, prend la parole au nom du professeur Gbégnonvi  Roger  a rendu ainsi hommage au Capitaine, au mentor, au Maître. Le disciple n’a pas failli à son devoir. Loin mais présent par sa plume que je vous invite à lire en ces termes.

Pour Richard de MEIDEROS (Par Roger GBEGNONVI)

D’une personne qui rend le dernier soupir, on dit souvent qu’elle s’est éteinte. Juste expression lorsque, par monts et vaux, la vie de la personne qui nous quitte à la vocation christique de l’homme : ‘’Vous êtes la lumière du monde’’.

Le professeur Richard de MEDEIROS, agrégé de l’université, s’est éteint le 5 Août 2017 à la fin d’une vie qu’il a consacrée à éveiller ses étudiants au désir du beau et du bien. Ses étudiants, nous fument dans les années 1972 à l’Université nationale du Bénin (actuelle Université d’Abomey-Calavi). Quand avons-nous franchi le seuil  entre le statut d’étudiants et celui de disciples pour ne plus appeler Richard de MEDEIROS que du seul nom de Le Maître  ?  Nul ne saurait le dire. Mais toujours est-il qu’il se dégageait de la personne quelque chose d’irradiant, de fascinant, de charmant au sens fétiche du terme. Et nous avons suivi l’étoile. Eminemment professeur pendant ses enseignements, il avait le don de se fondre, à l’issue des cours, dans notre communauté d’étudiants. Grande et noble camaraderie. ‘’Et sa parole nous est plus fraîche que l’eau neuve. Fraîcheur et gage de fraîcheur….’’ (Saint-John Perse)

Le Maître Richard de MEDEIROS l’était de connivence avec le héros du ‘’cercle des poètes disparus’’, ce professeur qui, au travers de la poésie, faisait voyager ses jeunes lycéens hors d’eux-mêmes à la rencontre des perles du monde inexploré, comme on découvre, en eau profonde, les couleurs ineffables des paradis sous-marins. Emergés mais encore enchantés par les ailleurs de l’existence, les enfants n’avaient qu’un mot pour dire et remercier leur mentor : ‘’Ô Capitaine, mon Capitaine !’’. Pour nous, leurs grands frères lointains, Le Maître était aussi notre commandant de vaisseau : Ö Capitaine, mon Capitaine !.

Nous ne l’avions jamais vu soumis à l’appât du gain. Libéré de la frénésie de l’avoir et des ‘’réalisations’’ à la béninoise, il s’adonnait au beau et à la création du beau. Choqué par la nouvelle de son décès, l’une de ses disciples se consola : ‘’Passionné de la littérature et de cinéma’’. De quoi déplaire pourtant à la plupart des Béninois qui, les yeux rivés ‘’sur toutes choses périssables, sur toutes choses saisissables, parmi le monde entier des choses…’’ (id.), veulent l’assurance du concret et du solide dans l’immédiat ;  non pas l’aléatoire des mots mais leur pouvoir incantatoire ; et pas de commerce avec l’image, ombre trop fragile des choses. Là-dessus, de Gaulle aussi, soldat s’il en fût, entretint des doutes aussitôt balayés par lui-même. A son ami Malraux, écrivain, guérillero et ministre, il se confia : ‘’ On ne fait rien de sérieux si on se soumet aux chimères, mais que faire de grand sans elles ?’’ Et, il est vrai que lui, qui avait toujours eu ’’ une certaine idée de la France’’,  écrivait déjà des livres avant de devenir l’homme de 18 juin pour appeler à la résistance et à la guerre. Et il est vrai que André Breton,  qui écrivit des livres  parce qu’il n’aimait pas la littérature a écrit que ‘’la littérature est l’un des plus tristes chemins qui mène à tout’’. Pourquoi triste ?

Au travers des mots et des images, Le Maître nous enseigna la grandeur, celle du beau et du bien. Et la lumière ne s’est pas éteinte, qui s’est offerte et donnée, à travers les pages de la revue ‘’Perspective 7’’ par lui créée, à travers les trois films par lui tournés, à travers ses mémorables ‘’ Nuits du 7 ième art’’, emplies de séances de cinéma, du crépuscule du soir au crépuscule du matin. Sa fille et son garçon achèveront peut être le 4 ième film qu’il avait en chantier. In nomine patris. Le Maître parmi nous. Nos fils et nos filles nous ont entendus parler du Maître. Avec eux nous sommes en deuil. Mais  Teilhard de Chardin que le Maître lisait, dit qu’ ‘’il faut absorber le mal dans un excès de fidélité.’’ Et nous voici fidèle à la mémoire du Maître jusqu’à l’excès. Car lui, Le Maître, en esprit et en intensité dans la cité, ce ne peut être que pour le bonheur de la cité. Merci Maître. Merci infiniment.

De ces témoignages et hommages, on peut retenir que Richard de MEDEIROS, était un homme bienveillant, rassembleur, talentueux ayant une grande dimension spirituelle.  Il fascinait beaucoup  par son charme. Erudit, il aimait le beau et le bien. Salut Capitaine !


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